Clinique vétérinaire

du Dr Bardet

Arthroscopie chez le chien et le chat

L 'arthroscopie est une technique en plein développement chez le chien et le chat. Elle nécessite néanmoins un matériel spécialisé onéreux ainsi qu'un opérateur expérimenté.
L'arthroscopie apparaît comme une technique chirurgicale indispensable dans la connaissance, le diagnostic et le traitement des affections articulaires chez le chien et le chat, notamment celles siégeant à l'épaule, au coude et au grasset.

Qu’est ce que l’arthroscopie ?

L’arthroscopie est une procédure chirurgicale orthopédique utilisée pour visualiser, diagnostiquer et traiter des problèmes à l’intérieur d’une articulation.

Lors d’un examen arthroscopique, le chirurgien pratique une petite incision de la peau du patient qui permet l’insertion d’instruments de 3mn de diamètre. La lumière est transmise à l’extrémité de l’arthroscope insérée dans l’articulation par un système de fibres optiques. Grâce à une mini-caméra rattachée à l’arthroscope, le chirurgien est ainsi capable de visionner l’intérieur de l’articulation au travers de cette très petite incision.

La caméra associée à l’arthroscope envoie l’image agrandie à un moniteur permettant au chirurgien de regarder, par exemple, dans le genou, les cartilages, les ligaments et sous la rotule. L’image est par ailleurs agrandie jusqu’à 40 fois. Le chirurgien peut alors déterminer le type et la gravité de la lésion puis il peut traiter ou corriger le problème si cela est nécessaire.

Dans quels cas l’arthroscopie est elle nécessaire ?

Le diagnostic des lésions articulaires commence par un interrogatoire minutieux, un examen orthopédique et des radiographies classiques. Des tests additionnels comme l’IRM (Imagerie par Résonance Magnétique), la tomodensitométrie (scanner) ou l’échographie peuvent être utiles. Grâce à l’arthroscopie, un diagnostic final peut être posé de manière plus précise que par l’emploi de la radiographie ou de la chirurgie traditionnelle (arthrotomie).

Des maladies et des traumatismes peuvent endommager les os, les cartilages, les ligaments, les muscles et les tendons. Voici la plupart des affections les plus rencontrées au cours d’une arthroscopie chez le chien :

- Corps étrangers : partie d’os ou de cartilage libre dans l’articulation : OCD : Ostéochondrose/ Ostéochondrite disséquante du genou, de l’épaule, du coude, de la cheville.

- Inflammation : aigue ou chronique.

- Synovite : inflammation du revêtement (synoviale) du genou, de l’épaule, du coude ou de la hanche.

- Bursite : inflammation des structures en cul de sac qui entoure les ligaments.

- Traumatismes :

Épaule : OCD, inflammation ou déchirure du tendon du biceps, déchirure ligamentaire et instabilité de l’épaule, fracture du cartilage.

Genou : déchirure du ligament croisé crânial avec instabilité, déchirure du ménisque (fibrocartilage), chondromalacie (ramollissement, ou blessure du cartilage).

Coude : OCD, Non-Union du Processus Anconé et Fragmentation du Processus Coronoïde associé à une dysplasie du coude.

Hanche : rupture des ligaments ou de la capsule articulaire, atteinte des cartilages.

Bien que toutes les articulations puissent êtres observées sous arthroscopie, quatre articulations sont plus particulièrement examinées avec cet instrument. Ce sont le genou, l’épaule, le coude et la hanche.

Comment est réalisée une arthroscopie ?

Les chirurgies par arthroscopie, même si elles sont moins invasives que les chirurgies conventionnelles sanglantes nécessitent tout de même l’utilisation de produits anesthésiques et d’un équipement hautement spécialisé dans une salle de chirurgie stérile. Votre animal sera anesthésié par anesthésie générale, spinale et/ou locale selon l’articulation suspectée.

Une petite incision sera pratiquée pour introduire l’arthroscope. Plusieurs autres incisions pourront également être pratiqués de part et d’autre de l’articulation afin d’introduire d’autres instruments.

Lorsque c’est indiqué, une chirurgie correctrice est réalisée à l’aide d’instruments conçus à cet effet, insérée dans l’articulation par de petites incisions similaires.

À l’origine, l’arthroscopie était uniquement un outils-diagnostic précédant une chirurgie classique appelée arthrotomie. Avec le développement, de meilleurs instruments et de nouvelles techniques chirurgicales, de nombreuses maladies peuvent maintenant être traitées directement sous arthroscopie. Différentes maladies peuvent également être traitées par une combinaison d’arthroscopie et une chirurgie standard, par exemple l’OCD du tarse (articulation de la cheville).

Suite à la chirurgie arthroscopique, certains patients auront besoin de recevoir un léger traitement antalgique.

Le nombre de chirurgie nécessaire et le temps de récupération dépendra de la complexité du problème et des autres procédures éventuellement réalisées. Parfois, à l’occasion d’une arthroscopie, le chirurgien peut découvrir que l’affection ne peut être traitée de manière adéquate par arthroscopie seule. Une chirurgie « ouverte » plus invasive pourra alors être réalisée lorsque votre animal sera encore anesthésié ou à une date ultérieure après avoir discuté avec le chirurgien des résultats de l’arthroscopie.

Quelles sont les complications possibles ?

Bien que rare, des complications peuvent occasionnellement se produire pendant ou après une arthroscopie. Infection, gonflement, saignement lors de l’introduction d’un instrument sont les complications les plus fréquentes. Cependant, elles ne se produisent que dans moins de 1 % des interventions par arhroscopie.

Quelles sont les avantages ?

- L’arthroscope peut être inséré dans une zone de l’articulation qui peut ne pas être exploré durant une chirurgie traditionnelle.

- Les arthroscopies sont beaucoup moins douloureuses que les chirurgies traditionnelles et sont le plus souvent réalisées. - Les images sont agrandies jusqu’à 45 fois, ce qui permet de visualiser de nombreux détails de l’articulation.

- La récupération est rapide : les patients peuvent utiliser leur membre plus rapidement et plus facilement qu’après une chirurgie ouverte. La perte de masse et de tonus musculaire est également moindre.

- Le développement d’arthrose est également moindre comparé à une chirurgie ouverte.

Récupération après une arthroscopie

Les incisions mettent quelques jours à cicatriser. Bien que les incisions soient petites et que la douleur articulaire soit minimale, il faut plusieurs semaines avant d’avoir une récupération maximale de la fonction de l’articulation. Un programme spécifique d’activité et de réadaptation peut-être suggérée pour accélérer la récupération et protéger l’articulation. Occasionnellement, des traitements supplémentaires oraux et injectables sont nécessaires au traitement de l’inflammation (synovite) ou des dommages cartilagineux.