Clinique vétérinaire

du Dr Bardet

Les ménisques: qu'est-ce que c'est ?

Chacun connaît un proche ayant subi une méniscectomie mais quelle est l'incidence de cette pathologie chez le chiens?

Que savons nous des lésions méniscales?

Les ménisques jouent un rôle vital dans la fonction du grasset en absorbant les chocs et les forces associées, en répartissant les charges, en lubrifiant les surfaces cartilagineuses et en assurant une part de la stabilité du grasset. Les lésions méniscales sont plus fréquemment associées chez le chien à une déchirure du ligament croisé crânial. L'incidence des lésions méniscales dans ce cas est de 33 à 77 % suivant les auteurs. Les lésions méniscales isolées sont très rares chez le chien à l'exception des chiens de travail ou en présence d'une OCD. Bien que les lésions méniscales soient le plus souvent identifiées au moment du traitement de la déchirure du ligament croisé, elles peuvent apparaître comme une complication tardive de la déchirure et après le traitement chirurgical , c'est-à-dire quelques semaines voire des mois après la déchirure. Les lésions méniscales engendrent des boiteries importantes mais difficiles à mettre en évidence du fait de la complexité de l'anatomie du grasset et de la nature des moyens diagnostiques à mettre en œuvre.

Le ménisque: une structure minuscule, une fonction capitale!

Anatomie et physiopathologie des déchirures méniscales

Les ménisques sont des disques fibro-cartilagineux en forme de C localisés entre les condyles fémoraux et le tibia. Les ménisques sont des extensions fonctionnelles du tibia et sont maintenus en position par des ligaments et des insertions capsulaires (2 Photos ci-dessus). Le mécanisme des déchirures méniscales secondaires à la déchirure du ligament croisé est associé au mouvement de tiroir crânial anormal. Le ménisque médial reste fermement attaché au tibia ; de ce fait il est écrasé entre le condyle fémoral et le condyle tibial pendant le mouvement de translation crânial (figure). Les lésions méniscales peuvent être des déchirures verticales longitudinales, en anse de seau, radiales ou horizontales voire dégénératives.

Diagnostic

Le diagnostic d'une lésion méniscale fait appel à l'examen attentif des commémoratifs, à l'examen clinique du grasset atteint et à la mise en œuvre de l'imagerie. Les déchirures méniscales sont souvent associées aux déchirures chroniques du ligament croisé. Plus la déchirure du ligament croisé crânial est ancienne et plus les symptômes de boiterie sont importants, plus il y a de chances d'observer des lésions méniscales. La présence d'un clic méniscal est un élément en faveur du diagnostic de lésions. Les lésions méniscales peuvent apparaître plusieurs semaines à plusieurs mois après le traitement chirurgical du ligament croisé et se traduire par une reprise ou une aggravation de la boiterie. Le diagnostic fait appel à de nombreuses techniques : les radiographies, l'échographie, l’IRM, l’arthrotomie ou l'arthroscopie. Les radiographies sont en fait peu utiles mais permettent d'exclure d'autres pathologies. Actuellement le diagnostic de certitude repose principalement sur l'arthrotomie ou l'arthroscopie. L'arthroscopie a l'avantage d'être non invasive et du fait du traitement de l'image, elle permet une amélioration sensible du diagnostic ; les ménisques peuvent être palpés par-dessus et par-dessous ce qui permet de révéler les lésions cachées inaccessibles par observation directe (voir photo).

L'incidence des lésions méniscales a augmenté depuis l'emploi de l'athroscopie.

Traitement et résultats

Lorsque le ligament croisé crânial est intact ou partiellement déchiré, le pôle caudal du ménisque médial le plus souvent atteint n'est pas observable par arthrotomie mais peut l'être par arthroscopie. Nous utilisons systématiquement une arthroscopie préopératoire pour toute déchirure ou suspicion de déchirure du ligament croisé crânial et pour toute boiterie inexpliquée suivant son traitement chirurgical. Les ménisques sont observés et palpés et les lésions sont classées. Le principe de base actuel de traitement des lésions méniscales est de n'exciser que la partie lésée et de conserver le maximum du ménisque sachant que toute méniscectomie engendre de l'arthrose. Les méniscectomies sont soit partielles (la méniscectomie caudale est une variante) ou totales. Elles ne sont plus réalisées que sous arthroscopie. Parmi les lésions méniscales, les anses de seau et les écrasements de la corne caudale du ménisque médial sont les plus communes. L'anse de seau est traitée par l’exérèse de la partie détachée (schéma, vue1) et l'écrasement par l’hémi-méniscectomie caudale (schéma, vue3). L'exérèse d'une lésion méniscale isolée ou apparue plusieurs semaines ou plusieurs mois après le traitement chirurgical est caractérisée par un excellent résultat à court terme. La disparition de la boiterie survient 2 à 86 jours après la méniscectomie. Les résultats radiographiques à long terme sont moins favorables du fait de l'apparition d'arthrose mais les résultats cliniques sont bons.

Une microsructure invisible, des pathologies sournoises mais sérieuses, l'athroscopie à la fois diagnostque et thérapeutique pour un bon pronostic.